LES SCULPTURES EN BRONZE

HERMES

La sculpture Hermès est pour les « métamorphoses » l’œuvre la plus caractéristique. Elle démontre à elle seule les conceptions imaginées par Braque pour transposer ses œuvres dans la troisième dimension.
Pour ce faire, le peintre choisit la lithographie Sujet mythologique, proche de ses conceptions de 1910-1911, moment où il crée le cubisme analytique, mais aussi celles de ses plâtres gravés. Il synthétise cette œuvre sur une gouache génératrice de la sculpture Hermès, sur laquelle on retrouve les principaux éléments géométriques du cubisme.

Avec Heger de Loewenfeld, Braque en fit immédiatement un bijou, puis une sculpture qui arrivera au cours de l’exposition du Louvre de 1963. Il utilisera le même procédé pour la réalisation des autres œuvres des « Métamorphoses ».

Georges Braque, Ajax

Lithographie

Georges Braque, Hermes

Gouache Maquette, 1962

Georges Braque, Hermes

Sculpture en Bronze

LES OISEAUX (1949-1963)

Ce thème apparaît en 1949 avec les « Ateliers » et s’achève avec la dernière œuvre de Georges Braque.
André Verdet, auteur de Braque le solitaire, se remémore une conversation de 1956 avec Braque qui lui disait : « Voici quelques semaines, j’étais en Camargue. Au-dessus des étangs, j’ai vu passer de grands oiseaux. De cette vision j’ai tiré des formes aériennes. Les oiseaux m’ont inspiré, je tente d’en extraire le meilleur profit pour mon dessin et ma peinture. Il me faut pourtant enfouir dans ma mémoire leur fonction naturelle d’oiseau. Le concept, même après le choc de l’inspiration qui les a fait se lever dans mon esprit, ce concept doit s’effacer, s’abolir pour mieux dire, pour me rapprocher de ce qui me préoccupe essentiellement : 
la construction du fait pictural. »
Braque confiera aussi à son ami Leymarie le 13 mai 1958 : « Il y a longtemps que les oiseaux et l’espace me préoccupaient. C’est en 1929 que le motif m’est apparu pour une illustration d’Hésiode. En 1910, j’avais peint des oiseaux, mais ils étaient incorporés dans des natures mortes, tandis que dans mes dernières choses j’ai été hanté par l’espace et le mouvement. »
Braque a toujours voulu dépasser les limites de l’espace. L’oiseau a été pour lui un nouveau moyen d’y parvenir. Il utilise aussi le motif dans des céramiques dès 1930, et dans des bronzes. « Toute ma vie ma préoccupation a été de peindre l’espace. » Avec ces oiseaux, Georges Braque habilla le ciel.

L’oiseau se manifesta fugacement dans L’Atelier au tabouret (1939) avant d’habiter ensuite huit Ateliers. Georges Salles (petit-fils de Gustave Eiffel, directeur des musées de France) avait bien compris tout l’intérêt que Braque réservait à la thématique des oiseaux. C’est la raison pour laquelle il lui demanda de les peindre pour le plafond de la salle Henri II au musée du Louvre, en 1953.

Georges Braque, Louvre, plafond de la salle Henri II, 1953-55

L’oiseau est un sujet majeur pour les « Métamorphoses ». Ce thème sera repris par Braque dans de nombreuses gouaches maquettes.
Ses deux dernières gouaches, Les Oiseaux bleus (hommage à Picasso) et Pélias et Nélée, qu’il réalise pour l’affiche de son exposition au Palais du Louvre, présenteront encore un couple d’oiseaux.

Georges Braque, Tithonos, Sculpture Bronze

Georges Braque, Les Oiseaux bleus, Gouache, 1963

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